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 Godzilla [Saga]

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MessageSujet: Godzilla [Saga]   Jeu 13 Avr 2017 - 1:56

Godzilla


Godzilla est une saga de science fiction japonaise débuté en 1954 avec le film Godzilla réalisé par Ishiro Honda, elle compte aujourd'hui 29 films japonnais et deux films américains (sans compter les montages alternatifs avec quelquefois des scènes supplémentaire comme Godzilla King of the monsters, version US de Godzilla), le dernier en date étant Shin Godzilla, réalisé en 2016 par Hideaki Anno.
La saga est une des principale représentante d'un sous genre de la SF nippone : Le Kaiju-Eiga, dont Godzilla est le 1er représentant, mais dont la formule sera établie au cours de nombreux films, issus de nombreux studios. La Toho, société responsable de la licence engendrera de nombreux films de Kaiju comme Rodan en 1956 ou Mothra en 1961 avant de véritablement lancer en 1963 un univers cinématographique assez similaire en terme de continuité à ce que pourrait tenter un Marvel aujourd'hui, tous les films faisant partie d'une même continuité sans pour autant demander un suivi rigoureux d'un épisode à l'autre.

Le Kaiju-Eiga est donc un sous genre assez spécifique, qui répond donc à certains codes, et j'en proposerais une définition partiale, et bien sur imparfaite. Le kaiju-eiga se caractérise donc d'une part grâce à sa nationalité, facile, et par ses effets spéciaux. En effet, ces films sont connus et sont très attachés à une culture de la maquette et du costume plus ou moins élaboré, les monstres sont des acteurs déguisés détruisant des villes reconstitués et souvent attaqués par des chars miniatures, tous ces effets spéciaux gérés historiquement par Eiji Tsuburaya jusqu'à sa mort en 1970 sont souvent vus en occidents comme ridicules. Pourtant il s'agit d'un point absolument capital de ce genre de film, auquel ces derniers se sont fermement attachés jusqu'à aujourd'hui, n'ayant introduit que très tardivement l'usage du numérique, et ce de façon partielle.
On attend souvent de ces films des scènes de destructions de maquettes, des scènes de foules en panique et des combats entre kaiju. Il existe bien sur de nombreuses exceptions, en témoigne le 1er Godzilla qui ne posède pas de 2nd kaiju ou des films comme Ebirah, qui ne présente que des destructions de maquette très mineures et des foules plus que réduites.


Bien. Maintenant que les définitions sont posée nous n'allons pas attaquer le vif du sujet, puisqu'il nous reste quelques clarifications à faire.
En effet il est possible, afin de mieux s'y retrouver dans cette vaste masse de film, de diviser les godzilla en plusieurs catégories, en excluant toutes les références, parodies, apparitions, contrefaçon et autres films certainement très bons, mais tout à fait mineurs, le but n'est pas de répertorier toutes les apparitions du monstre à l'écran.
Il existe d'une part les 29 films (28+1, le dernier, pas encore intégrés à toutes les listes, forcément) japonais, et d'autre les quelques films États-uniens, c'est à dire le Godzilla de 98, celui de 2014 (auquel s'ajoutera probablement de nombreuses suites) et éventuellement la version US de 56 du premier film.
Cela nous avance peu et ainsi on divise les films japonais en 3 grandes catégories (et peut être bientôt 4 selon la direction que prendra la franchise au japon) : De 1954 à 1975 on parle des films de l'ère Showa, comptant 15 films et débutant avec Godzilla de Ishiro Honda en 1954, et s'achevant avec Terror of Mechagodzilla, de Ishiro Honda en 1975 et qui compte 15 film, il s'agit de la plus longue période de la saga.
Ensuite vient l'ère Heisei de 1984 à 1995, elle débute avec Le retour de Godzilla de Koji Hashimoto en 1984 et s'achève avec Godzilla contre Destroyer de Takao Okawara en 1995, elle compte 7 films.
Et enfin vient la période "millennium" (qui n'est pas une ère à proprement parler) qui s'étale de 1999 à 2004. Débutant avec Godzilla 2000 Takao Okawara réalisé en 1999 et s'achevant avec Godzilla Final Wars de Ryûhei Kitamura en 2004. Savoir si Shin Godzilla de 2016 intègre cette période ou entame le commencement d'une nouvelle ère est une question qui n'a pas encore été tranchée.

Tout ça pour dire que je ne parlerais dans ce post que de l'ère Showa ... Voila. C'est un peu naze mais pas de panique, la suite viendra une fois mon marathon achevé, je compte ainsi faire un récap de chacune des ères, et pourquoi ne pas aborder les films US aussi tiens.
N'hésitez pas non plus à participer, je pense qu'il n'est pas aberrant d'aborder ic les films de Kaiju de la Toho au sens large. Cela inclus donc les films tels que Rodan, Mothra, Rebirth of Mothra, King Kong escape, Prisonnière des martiens etc etc ... Bien sur pour parler des films l'attaque des titans, à moins que cela ne soit pour faire le lien avec d'autres productions Toho le forum possède un topic dédié. Il en va de même pour les films Gamera, qui ne possèdent pas (encore ... Patience je m'occuperais bien assez tôt de leurs cas ...) qui n'ont pas vraiment leur place ici (quoique sur certains points techniques ... Mais bref) puisqu'il s'agit de production Daei.

Breeeeeef ...
_____________

L'ère Showa



Extraordinairement culte au Japon, la saga Godzilla a peiné à s'exporter en France, et est encore aujourd'hui relativement inconnue. Bien sur on connait de nom ou de réputation le premier film de Honda, on connait vaguement l'existence d'autres films godzilla japonnais, considéré comme "nanardesques" par beaucoup. Si la saga est connue en France ou en Europe, c'est grâce à Jean Reno, au film de Roland Emmerich de 1998 et de Gareth Edwards de 2014.
Pourtant, ces films sont au Japon considérés par tous comme des classiques, alors comment expliquer cette différence ? Les japonnais ne sont pas moins critiques que nous en matière de bons films. Et maintenant que du temps à passer, l'argument classique du "ce n'était pas aussi ridicule avant (quand?)" n'est pas non plus valide, l’appréciation de Godzilla n'ayant pas diminué au fils des progrès des effets spéciaux.

Il n'y a pas de réponses évidente à ce constat, bien sur. Cependant on peu se risquer à quelques hypothèses.
Il y a d'une part, et c'est assez évident, un certain fossé culturel qui sépare un spectateur français de 2017 d'un spectateur japonais de 1965, ou de 2017. Tout comme "Le grand blond avec une chaussure noire" ou "La folie des grandeurs" ne plairons certainement pas autant à un public japonais ou français, c'est une question de conventions.
Cela dit il s'agit là d'une explication simpliste et rapide, le succès de l'animation japonaise en France même dans ce qu'elle a de plus japonais, comme par exemple Jojo's bizarre adventure suffit à démontrer qu'une bonne partie du public susceptible de regarder ces films est capable de s'adapter à certaines conventions considérées par les japonnais eux même comme impossibles à exporter. Le succès de Takeshi Kitano et d'un certain cinéma d'exploitation nippon dans les années 90-2000 en France vient également renforcer ce sentiment que le public français est capable de comprendre, du moins en partie, l'humour à la japonaise ou de s'adapter à une façon spécifique de rythmer ou d'écrire les films.
Cependant tous ces exemples ne permettent pas une analogie très poussée avec la licence de la Toho. En effet Jojo, Kitano ou Azumi pour ce que cela importe, tous ces films datent des années 80 à 2000, on est quand même 20 ans plus tard, et dans les années 60 au Japon, mais aussi aux US si l'on regarde la production SF de cette période ... Nous ne somme clairement pas devant le même type de public, et surtout, pas dans le même contexte géopolitique et historique, doit-on rappeler les traumatismes et les craintes du peuple japonnais vis à vis du nucléaire à cette période ? Craintes qu'un public français peine forcément d'avantage à comprendre.

En effet si il est assez communément admis que le Godzilla original représente une certaine peur du nucléaire du peuple japonais on a souvent tendance à considérer que ce n'est pas vrai pour les films suivants, après tout Godzilla est devenu l'idole des enfants et se faisant, à perdu toute sa dimension terrifiante.
C'est bien entendu faux. D'une part, les films ou Godzilla ne représente pas une menace sont au final assez rare. Il s'agit bien souvent d'un allié des "gentils", mais ce dernier est contenu, contrôlé en permanence sur l'île ou des scientifique on tenté de le parquer. Dès que Godzilla fait son apparition pour sauver la ville d'un kaiju encore plus vilain que lui, il cause toujours par la même occasion de gros dommages aux infrastructures et aux humains qui s'y trouvent (on note quelques exceptions avec des films qui avouons le, sont assez faiblards, comme Ebirah ou Godzilla's Revenge). Godzilla est utile, car il permet au Japon de se défendre contre des menaces extérieures, mais il est sans arrêt questionné, et quand il sera copié par des scientifiques malveillants dans les deux mechagodzilla, c'est bien entendu catastrophique pour tout le monde. Voir en Godzilla et ses amis Kaiju (qui sont tantôt alliés tantôt ennemis) une analogie du nucléaire civil, et en King Ghidorah, son ennemi juré, une analogie de la bombe serait un peu fort. Cependant quand on voit la destruction engendrée par King Ghidorah dans "Ghidra, le monstre à 3 têtes" (qui tombe du ciel, comme par hasard) ou la violence dont peu faire preuve Godzilla et ses copains dans "Les envahisseurs attaquent", un film ou les Kaiju, que les scientifiques croyait contrôler, se déchainent aux quatre coins du monde, on ne peut s’empêcher d'y penser brièvement, et par brièvement j'entends que l'on ne pense qu'à ça, bien sur. Les scientifiques sont souvent montrés comme la solution aux problèmes causés par Godzilla, mais leur manque de contrôle sur la situation est flagrant. Pour leur défense cela dit, les dérapages sont souvent l’œuvre maligne de vils extraterrestres, aussi appelés des Russes si jamais il était nécessaire de préciser la date de ces films.

Et c'est là aussi un point qui vient d'avantage diviser le public japonais et français. La reconstruction d'après-guerre ne s'est absolument pas passée de la même façon, et le sentiment d'humiliation et de défaite a été bien plus fort au Japon qu'il ne l'a été en France.
Ce sentiment va de surcroit de pair avec un sentiment de perte d'identité, et de craintes vis à vis et de l'allié américain et de la menace Russe. Les films Godzilla ont ainsi joués un rôle cathartique auprès du peuple japonais, ou du moins, de proposer une version du monde ou le Japon retrouve sa place sur le bancs des nations, non plus comme ennemi vaincu, ni comme une nation fière prenant sa revanche sur l'occident (comme peuvent l'être certains Gamera) mais comme un collaborateur diplomatique et scientifique incontournable.
La Toho est un studio plutôt orienté à la gauche modéré et pacifiste, et Ishiro Honda s'y intègre donc plutôt bien. Ses films ne manquerons pas d'intégrer des discutions diplomatiques à ses films, ou le Japon ne décide pas seul, mais ou on ne décide pas non plus pour lui des directions à prendre. Le film le plus représentatif de cette tendance serait sans doute "Invasion planète X" de 1965, où un rôle majeur est donné à un acteur américain, traité avec tous les égards auxquels aurait le droit un acteur japonais (on est loin de la famille un peu nœud-noeud de Gamera contre Giron) et ou le drapeau que plante les premiers explorateurs de la fameuse planète X comporte et le drapeau japonais, et la bannière étoilée et le drapeau de l'ONU, intégrant le Japon à la communauté internationale, au même titre que les autres.
De plus, c'est aux scientifiques japonnais que l'on fait appel pour trouver les solutions aux problèmes posés par les envahisseurs/kaiju, là encore "Invasion planète X" est un bon exemple.
Il doit s'agir ici d'une façon de se valoriser à une époque ou le Japon est en pleine crise identitaire, et vit de façon ambigüe son succès économique, le voyant comme une perte d'identité. C'est aussi une façon de valoriser un savoir faire et/ou une science plutôt déconsidéré dans les années 60 car jugée inférieure à la technologie US (il faudra attendre la fin des années 60 et l'apogée de Sony pour que cette tendance s'inverse).
Enfin on note avec bonheur l'impuissance totale et systématique de l'armée, réduite, justement, à de simples maquettes, à des jouets, ou pire ! A des stock foutage (des scènes ré-utilisés) de maquettes ! Le pacifisme de Honda (mais aussi de Fukada dans une moindre mesure) est ici assez clair, et c'est toujours la science qui apporte la solution. Souvent sous la forme d'une arme ... Mais une arme scientifique ! Et c'est pas pareil !

Et c'est enfin le 3ème point à aborder, et c'est semble-il celui qui pose le plus de problème aux spectateurs occidentaux. Il s'agit bien sur des éternelles maquettes et costumes en latex.
Ce point est plus difficile à défendre, car il n'y a pas grand chose à reprocher aux maquettes ... Elles sont pour la plupart sublimes, mais l'artifice est toujours visible, et cela a toujours été le but. Certes il était plus difficile à déceler en 1970, et le travail de Eiji Tsuburaya est d'une splendeur indiscutable et d'un réalisme saisissant, avec cela dit toujours une touche d'irréel.
Cela ne devrait pas être gênant, et cela vaut aussi pour les costumes, une fois que l'on a en tête la dimension hautement symbolique et cathartique de ces films. Le choix de la maquette, en plus de permettre d'avantage de souplesse dans la destruction, semble s'imposer de lui même : L'univers dans lequel évolue godzilla n'est pas le notre, et Godzilla n'est pas réel, ces films sont des exutoires, mais aussi des éprouvettes, des exemples à suivre ou ne pas suivre, des mises en gardes contre les dangers provoqués par le nucléaire, des mise en exergue de inefficacité de la solution armée mais aussi de purs produits de divertissement avec des impératifs spectaculaires et ne cherchant pas à écœurer le spectateur.

Et c'est là que l'on se rend compte de l’ingéniosité des films de l'ère Showa, qui jamais ne sombrent dans le discourt verbeux et qui pourtant disent beaucoup de chose. Et qui, sans jamais fuir la réalité parviennent à proposer un juste équilibre entre divertissement jouissif et brulot pacifiste, qui font tantôt fantasmer le spectateur sur un Japon rayonnant, mais qui lui rappellent constamment les dangers qu'induisent sa modernisation.
Ces films sont parfois ridicules, parfois ennuyeux, mais si le prix à payer pour un tel tour de force se résume à quelques épisodes en deçà du reste, il va sans dire qu'il est ridicule, et il serait ainsi terriblement dommage de se priver d'un tel morceau de pop-culture japonaise, si riche de signification, avec comme seul prétexte que Miniya est affreux, ou que King Kong ressemble à une peluche.

Reste à savoir si les films de l'ère Heisei, plus populaire en occident (surtout aux USA) parviendrons à rester aussi pertinent et en accord avec leur époque.
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Yûko
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MessageSujet: Re: Godzilla [Saga]   Ven 14 Avr 2017 - 21:44

je ne sais pas ce que j'admire le plus: tes chroniques détaillées ou les défis impossibles en matière de marathons de visionnage dans lesquels tu te lances! Surprised

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MessageSujet: Re: Godzilla [Saga]   Sam 15 Avr 2017 - 14:15

1 film par jour ! On me revoit dans deux semaines ... Tout ça pour regarder le godzilla de Anno à la base ...

Mais les films valent tellement le coup ! Au moins le 1er qui est vraiment un des films japonnais les plus important de son époque (pas forcément le meilleur mais il est grave cool quand même !!)

Et puis il y a les autres Kaiju qui sont cool mais dont je n'ai pas pu parler, comme Mothra qui à le droit à une chanson qui déchire que je met plus par plaisir que parceque ça a un rapport avec mon message.
Spoiler:
 
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