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 Godzilla [Saga]

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MessageSujet: Godzilla [Saga]   Jeu 13 Avr 2017 - 1:56

Godzilla


Godzilla est une saga de science fiction japonaise débuté en 1954 avec le film Godzilla réalisé par Ishiro Honda, elle compte aujourd'hui 29 films japonnais et deux films américains (sans compter les montages alternatifs avec quelquefois des scènes supplémentaire comme Godzilla King of the monsters, version US de Godzilla), le dernier en date étant Shin Godzilla, réalisé en 2016 par Hideaki Anno.
La saga est une des principale représentante d'un sous genre de la SF nippone : Le Kaiju-Eiga, dont Godzilla est le 1er représentant, mais dont la formule sera établie au cours de nombreux films, issus de nombreux studios. La Toho, société responsable de la licence engendrera de nombreux films de Kaiju comme Rodan en 1956 ou Mothra en 1961 avant de véritablement lancer en 1963 un univers cinématographique assez similaire en terme de continuité à ce que pourrait tenter un Marvel aujourd'hui, tous les films faisant partie d'une même continuité sans pour autant demander un suivi rigoureux d'un épisode à l'autre.

Le Kaiju-Eiga est donc un sous genre assez spécifique, qui répond donc à certains codes, et j'en proposerais une définition partiale, et bien sur imparfaite. Le kaiju-eiga se caractérise donc d'une part grâce à sa nationalité, facile, et par ses effets spéciaux. En effet, ces films sont connus et sont très attachés à une culture de la maquette et du costume plus ou moins élaboré, les monstres sont des acteurs déguisés détruisant des villes reconstitués et souvent attaqués par des chars miniatures, tous ces effets spéciaux gérés historiquement par Eiji Tsuburaya jusqu'à sa mort en 1970 sont souvent vus en occidents comme ridicules. Pourtant il s'agit d'un point absolument capital de ce genre de film, auquel ces derniers se sont fermement attachés jusqu'à aujourd'hui, n'ayant introduit que très tardivement l'usage du numérique, et ce de façon partielle.
On attend souvent de ces films des scènes de destructions de maquettes, des scènes de foules en panique et des combats entre kaiju. Il existe bien sur de nombreuses exceptions, en témoigne le 1er Godzilla qui ne posède pas de 2nd kaiju ou des films comme Ebirah, qui ne présente que des destructions de maquette très mineures et des foules plus que réduites.


Bien. Maintenant que les définitions sont posée nous n'allons pas attaquer le vif du sujet, puisqu'il nous reste quelques clarifications à faire.
En effet il est possible, afin de mieux s'y retrouver dans cette vaste masse de film, de diviser les godzilla en plusieurs catégories, en excluant toutes les références, parodies, apparitions, contrefaçon et autres films certainement très bons, mais tout à fait mineurs, le but n'est pas de répertorier toutes les apparitions du monstre à l'écran.
Il existe d'une part les 29 films (28+1, le dernier, pas encore intégrés à toutes les listes, forcément) japonais, et d'autre les quelques films États-uniens, c'est à dire le Godzilla de 98, celui de 2014 (auquel s'ajoutera probablement de nombreuses suites) et éventuellement la version US de 56 du premier film.
Cela nous avance peu et ainsi on divise les films japonais en 3 grandes catégories (et peut être bientôt 4 selon la direction que prendra la franchise au japon) : De 1954 à 1975 on parle des films de l'ère Showa, comptant 15 films et débutant avec Godzilla de Ishiro Honda en 1954, et s'achevant avec Terror of Mechagodzilla, de Ishiro Honda en 1975 et qui compte 15 film, il s'agit de la plus longue période de la saga.
Ensuite vient l'ère Heisei de 1984 à 1995, elle débute avec Le retour de Godzilla de Koji Hashimoto en 1984 et s'achève avec Godzilla contre Destroyer de Takao Okawara en 1995, elle compte 7 films.
Et enfin vient la période "millennium" (qui n'est pas une ère à proprement parler) qui s'étale de 1999 à 2004. Débutant avec Godzilla 2000 Takao Okawara réalisé en 1999 et s'achevant avec Godzilla Final Wars de Ryûhei Kitamura en 2004. Savoir si Shin Godzilla de 2016 intègre cette période ou entame le commencement d'une nouvelle ère est une question qui n'a pas encore été tranchée.

Tout ça pour dire que je ne parlerais dans ce post que de l'ère Showa ... Voila. C'est un peu naze mais pas de panique, la suite viendra une fois mon marathon achevé, je compte ainsi faire un récap de chacune des ères, et pourquoi ne pas aborder les films US aussi tiens.
N'hésitez pas non plus à participer, je pense qu'il n'est pas aberrant d'aborder ic les films de Kaiju de la Toho au sens large. Cela inclus donc les films tels que Rodan, Mothra, Rebirth of Mothra, King Kong escape, Prisonnière des martiens etc etc ... Bien sur pour parler des films l'attaque des titans, à moins que cela ne soit pour faire le lien avec d'autres productions Toho le forum possède un topic dédié. Il en va de même pour les films Gamera, qui ne possèdent pas (encore ... Patience je m'occuperais bien assez tôt de leurs cas ...) qui n'ont pas vraiment leur place ici (quoique sur certains points techniques ... Mais bref) puisqu'il s'agit de production Daei.

Breeeeeef ...
_____________

L'ère Showa



Extraordinairement culte au Japon, la saga Godzilla a peiné à s'exporter en France, et est encore aujourd'hui relativement inconnue. Bien sur on connait de nom ou de réputation le premier film de Honda, on connait vaguement l'existence d'autres films godzilla japonnais, considéré comme "nanardesques" par beaucoup. Si la saga est connue en France ou en Europe, c'est grâce à Jean Reno, au film de Roland Emmerich de 1998 et de Gareth Edwards de 2014.
Pourtant, ces films sont au Japon considérés par tous comme des classiques, alors comment expliquer cette différence ? Les japonnais ne sont pas moins critiques que nous en matière de bons films. Et maintenant que du temps à passer, l'argument classique du "ce n'était pas aussi ridicule avant (quand?)" n'est pas non plus valide, l’appréciation de Godzilla n'ayant pas diminué au fils des progrès des effets spéciaux.

Il n'y a pas de réponses évidente à ce constat, bien sur. Cependant on peu se risquer à quelques hypothèses.
Il y a d'une part, et c'est assez évident, un certain fossé culturel qui sépare un spectateur français de 2017 d'un spectateur japonais de 1965, ou de 2017. Tout comme "Le grand blond avec une chaussure noire" ou "La folie des grandeurs" ne plairons certainement pas autant à un public japonais ou français, c'est une question de conventions.
Cela dit il s'agit là d'une explication simpliste et rapide, le succès de l'animation japonaise en France même dans ce qu'elle a de plus japonais, comme par exemple Jojo's bizarre adventure suffit à démontrer qu'une bonne partie du public susceptible de regarder ces films est capable de s'adapter à certaines conventions considérées par les japonnais eux même comme impossibles à exporter. Le succès de Takeshi Kitano et d'un certain cinéma d'exploitation nippon dans les années 90-2000 en France vient également renforcer ce sentiment que le public français est capable de comprendre, du moins en partie, l'humour à la japonaise ou de s'adapter à une façon spécifique de rythmer ou d'écrire les films.
Cependant tous ces exemples ne permettent pas une analogie très poussée avec la licence de la Toho. En effet Jojo, Kitano ou Azumi pour ce que cela importe, tous ces films datent des années 80 à 2000, on est quand même 20 ans plus tard, et dans les années 60 au Japon, mais aussi aux US si l'on regarde la production SF de cette période ... Nous ne somme clairement pas devant le même type de public, et surtout, pas dans le même contexte géopolitique et historique, doit-on rappeler les traumatismes et les craintes du peuple japonnais vis à vis du nucléaire à cette période ? Craintes qu'un public français peine forcément d'avantage à comprendre.

En effet si il est assez communément admis que le Godzilla original représente une certaine peur du nucléaire du peuple japonais on a souvent tendance à considérer que ce n'est pas vrai pour les films suivants, après tout Godzilla est devenu l'idole des enfants et se faisant, à perdu toute sa dimension terrifiante.
C'est bien entendu faux. D'une part, les films ou Godzilla ne représente pas une menace sont au final assez rare. Il s'agit bien souvent d'un allié des "gentils", mais ce dernier est contenu, contrôlé en permanence sur l'île ou des scientifique on tenté de le parquer. Dès que Godzilla fait son apparition pour sauver la ville d'un kaiju encore plus vilain que lui, il cause toujours par la même occasion de gros dommages aux infrastructures et aux humains qui s'y trouvent (on note quelques exceptions avec des films qui avouons le, sont assez faiblards, comme Ebirah ou Godzilla's Revenge). Godzilla est utile, car il permet au Japon de se défendre contre des menaces extérieures, mais il est sans arrêt questionné, et quand il sera copié par des scientifiques malveillants dans les deux mechagodzilla, c'est bien entendu catastrophique pour tout le monde. Voir en Godzilla et ses amis Kaiju (qui sont tantôt alliés tantôt ennemis) une analogie du nucléaire civil, et en King Ghidorah, son ennemi juré, une analogie de la bombe serait un peu fort. Cependant quand on voit la destruction engendrée par King Ghidorah dans "Ghidra, le monstre à 3 têtes" (qui tombe du ciel, comme par hasard) ou la violence dont peu faire preuve Godzilla et ses copains dans "Les envahisseurs attaquent", un film ou les Kaiju, que les scientifiques croyait contrôler, se déchainent aux quatre coins du monde, on ne peut s’empêcher d'y penser brièvement, et par brièvement j'entends que l'on ne pense qu'à ça, bien sur. Les scientifiques sont souvent montrés comme la solution aux problèmes causés par Godzilla, mais leur manque de contrôle sur la situation est flagrant. Pour leur défense cela dit, les dérapages sont souvent l’œuvre maligne de vils extraterrestres, aussi appelés des Russes si jamais il était nécessaire de préciser la date de ces films.

Et c'est là aussi un point qui vient d'avantage diviser le public japonais et français. La reconstruction d'après-guerre ne s'est absolument pas passée de la même façon, et le sentiment d'humiliation et de défaite a été bien plus fort au Japon qu'il ne l'a été en France.
Ce sentiment va de surcroit de pair avec un sentiment de perte d'identité, et de craintes vis à vis et de l'allié américain et de la menace Russe. Les films Godzilla ont ainsi joués un rôle cathartique auprès du peuple japonais, ou du moins, de proposer une version du monde ou le Japon retrouve sa place sur le bancs des nations, non plus comme ennemi vaincu, ni comme une nation fière prenant sa revanche sur l'occident (comme peuvent l'être certains Gamera) mais comme un collaborateur diplomatique et scientifique incontournable.
La Toho est un studio plutôt orienté à la gauche modéré et pacifiste, et Ishiro Honda s'y intègre donc plutôt bien. Ses films ne manquerons pas d'intégrer des discutions diplomatiques à ses films, ou le Japon ne décide pas seul, mais ou on ne décide pas non plus pour lui des directions à prendre. Le film le plus représentatif de cette tendance serait sans doute "Invasion planète X" de 1965, où un rôle majeur est donné à un acteur américain, traité avec tous les égards auxquels aurait le droit un acteur japonais (on est loin de la famille un peu nœud-noeud de Gamera contre Giron) et ou le drapeau que plante les premiers explorateurs de la fameuse planète X comporte et le drapeau japonais, et la bannière étoilée et le drapeau de l'ONU, intégrant le Japon à la communauté internationale, au même titre que les autres.
De plus, c'est aux scientifiques japonnais que l'on fait appel pour trouver les solutions aux problèmes posés par les envahisseurs/kaiju, là encore "Invasion planète X" est un bon exemple.
Il doit s'agir ici d'une façon de se valoriser à une époque ou le Japon est en pleine crise identitaire, et vit de façon ambigüe son succès économique, le voyant comme une perte d'identité. C'est aussi une façon de valoriser un savoir faire et/ou une science plutôt déconsidéré dans les années 60 car jugée inférieure à la technologie US (il faudra attendre la fin des années 60 et l'apogée de Sony pour que cette tendance s'inverse).
Enfin on note avec bonheur l'impuissance totale et systématique de l'armée, réduite, justement, à de simples maquettes, à des jouets, ou pire ! A des stock foutage (des scènes ré-utilisés) de maquettes ! Le pacifisme de Honda (mais aussi de Fukada dans une moindre mesure) est ici assez clair, et c'est toujours la science qui apporte la solution. Souvent sous la forme d'une arme ... Mais une arme scientifique ! Et c'est pas pareil !

Et c'est enfin le 3ème point à aborder, et c'est semble-il celui qui pose le plus de problème aux spectateurs occidentaux. Il s'agit bien sur des éternelles maquettes et costumes en latex.
Ce point est plus difficile à défendre, car il n'y a pas grand chose à reprocher aux maquettes ... Elles sont pour la plupart sublimes, mais l'artifice est toujours visible, et cela a toujours été le but. Certes il était plus difficile à déceler en 1970, et le travail de Eiji Tsuburaya est d'une splendeur indiscutable et d'un réalisme saisissant, avec cela dit toujours une touche d'irréel.
Cela ne devrait pas être gênant, et cela vaut aussi pour les costumes, une fois que l'on a en tête la dimension hautement symbolique et cathartique de ces films. Le choix de la maquette, en plus de permettre d'avantage de souplesse dans la destruction, semble s'imposer de lui même : L'univers dans lequel évolue godzilla n'est pas le notre, et Godzilla n'est pas réel, ces films sont des exutoires, mais aussi des éprouvettes, des exemples à suivre ou ne pas suivre, des mises en gardes contre les dangers provoqués par le nucléaire, des mise en exergue de inefficacité de la solution armée mais aussi de purs produits de divertissement avec des impératifs spectaculaires et ne cherchant pas à écœurer le spectateur.

Et c'est là que l'on se rend compte de l’ingéniosité des films de l'ère Showa, qui jamais ne sombrent dans le discourt verbeux et qui pourtant disent beaucoup de chose. Et qui, sans jamais fuir la réalité parviennent à proposer un juste équilibre entre divertissement jouissif et brulot pacifiste, qui font tantôt fantasmer le spectateur sur un Japon rayonnant, mais qui lui rappellent constamment les dangers qu'induisent sa modernisation.
Ces films sont parfois ridicules, parfois ennuyeux, mais si le prix à payer pour un tel tour de force se résume à quelques épisodes en deçà du reste, il va sans dire qu'il est ridicule, et il serait ainsi terriblement dommage de se priver d'un tel morceau de pop-culture japonaise, si riche de signification, avec comme seul prétexte que Miniya est affreux, ou que King Kong ressemble à une peluche.

Reste à savoir si les films de l'ère Heisei, plus populaire en occident (surtout aux USA) parviendrons à rester aussi pertinent et en accord avec leur époque.
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MessageSujet: Re: Godzilla [Saga]   Ven 14 Avr 2017 - 21:44

je ne sais pas ce que j'admire le plus: tes chroniques détaillées ou les défis impossibles en matière de marathons de visionnage dans lesquels tu te lances! Surprised

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MessageSujet: Re: Godzilla [Saga]   Sam 15 Avr 2017 - 14:15

1 film par jour ! On me revoit dans deux semaines ... Tout ça pour regarder le godzilla de Anno à la base ...

Mais les films valent tellement le coup ! Au moins le 1er qui est vraiment un des films japonnais les plus important de son époque (pas forcément le meilleur mais il est grave cool quand même !!)

Et puis il y a les autres Kaiju qui sont cool mais dont je n'ai pas pu parler, comme Mothra qui à le droit à une chanson qui déchire que je met plus par plaisir que parceque ça a un rapport avec mon message.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Godzilla [Saga]   Sam 10 Juin 2017 - 4:17

Et bah ça aura pris du temps, comme quoi ne pas procrastiner ça aide à ne pas prendre 2 mois de retard.

Après avoir fini l'intégralité de la saga je vais enfin pouvoir revenir sur les différentes ères, et en 1er l'ère Heisei.

Après un hiatus de 10 ans (comme quoi il ne faut pas désespérer, la suite et fin de X, xxxHolic, CCS, TRC, Drug & Drop et TREFLE ne sont pas encore hors de porté !) la saga revient, avec un nouveau design, et une remise à zéro de l'univers, le Godzilla original ne disparait pas mais toutes ses suites sont reniée. C'est dans une volonté avouée de renouer avec les origines de la série que ce nouveau film de 1984 est réalisé.

Seulement, nous l'avons vu auparavant, les suites jugées par beaucoup comme débiles du Godzilla de 1954 ne l'était certainement pas tant que ça, au contraire, elles était tout aussi connectées à leurs époque et aux thématiques graves qui la traversait que le chef-d’œuvre original. A la question précédemment posée "Reste à savoir si les films de l'ère Heisei, plus populaire en occident (surtout aux USA) parviendrons à rester aussi pertinent et en accord avec leur époque." on peut déjà répondre : Non ... Non pas du tout.
Comment une période qui avoue avant même son 1er film ne rien avoir compris à la saga pourrait-elle rester connectée à son époque de façon aussi pertinente que les films originaux ?

Et bien sur ça ne rate pas, si le premier film renoue à peu près avec les origines plus agressives de Godzilla, le montrant sans hésitation tuer des civils et des militaires dans des bâtiment, la saga retrouve très vite le statu plus ambiguë de Godzilla, à la différence près que jamais la saga ne semble se l'avouer, et persiste donc à nous le dépeindre exactement de la même façon dans tous les films. Dès Godzilla vs Biolante, pourtant le 2nd film de la saga, on voit que celui ci est présenté comme le sauveur du film, se réveillant et allant immédiatement taper la grosse bébête méchante qui ne venait pas spécialement lui chercher des noises puisqu'elle est incapable de se déplacer, il en va de même pour King Ghidorah, Mothra, SpaceGodzilla ou que sais-je, pas un seul de ces films ne parvient à se décider sur le statut de Godzilla. Les méchants kaiju sont pourtant bien identifiés, King Ghidorah veut détruire le Japon, Battra dans Godzilla vs Mothra souhaite détruire l'humanité, c'est plus ou moins le cas de SpaceGodzilla également, et quand enfin, dans Godzilla Vs Mechagodzilla 2 (pourquoi 2 ? J'en sais rien ...) on fait de Godzilla l'antagoniste du film (il serait temps), on nous fait revenir son fils, Miniya, dont on croyait enfin être débarrassé puisqu'il s'agissait là d'un des points sans aucun doute très noir de la saga, ne servant qu'à humaniser d'avantage le personnage, chose dont l'ère Heisei semblait pourtant se défendre. Ce film ne s'arrête pas là dans les trahisons, puisqu'il ne tue pas Godzilla, qui est au contraire traité comme le protagoniste du film, c'est pour lui que l'on est sensé être, or, sur le papier, il souhaite simplement détruire le Japon.  Toujours dans la même veine, na sachant pas quoi faire d'un antagoniste victorieux en fin de film, les scénaristes se retrouvent à user de chansons d'enfants transmises par télépathie, si la télépathe en question est la ravissante Megumi Odaka, un des rôle récurent de l'ère Heisei d'ailleurs, avouez que ça la fout un peu mal pour une saga souhaitant rendre terrible son personnage principal. On en revient à la comparaison avec l'ère Showa, bien plus mesurée sur ces questions.
L'aspect terrifiant du monstre est donc totalement ignoré, et son rôle d'antagoniste très mal géré. l'exemple le plus frappant est celui de Mechagodzilla 2 certes, mais il s'agit d'un problème présent dans presque tous les films. En effet, les producteurs souhaitant produire des suites ne pouvait pas se permettre de tuer sans vergogne le héros de la suite déjà en préparation, pas sans rebooter la saga du moins. Tous les films tentent donc à la fois de proposer un Godzilla antagoniste, affrontant un Kaiju antagoniste, tout en glorifiant Godzilla (avec un rétro-éclairage le mettant en valeur par exemple) et en espérant que les spectateurs se range de son côté. Bien sur il remporte le combat ... Et après voila les scénaristes bien embêtés, ils se retrouvent avec un Godzilla à mettre hors d'état de nuire en moins de 20 minutes, mais sans le tuer. Souvent on règle ça avec de la télépathie donc, un plan perrave de l'armée pour l'enterrer dans un coins tranquille, Mothra qui vient lui foutre une branlée (car Mothra il faut bien le reconnaitre, elle est trop cool!) et ma solution préférée, issue du film Godzilla vs King Ghidorah, où les méchant devenus gentils ressuscitent sous forme mécanique l'antagoniste du film, pour donner un fantastique Mecha-King-Ghidorah, réduisant la symbolique du nemesis de Godzilla à peau de chagrin au passage.
On notera également que malgré toutes ces astucieuses solutions, les films de cette époque se finissent tous avec un Godzilla qui retourne en fait volontairement dans la mer ... Pendant 6 films avouez que ça fait un peu redite :/ .

C'est d'autant plus inacceptable que ce n'est pas le seul aspect répétitif et barbant de l'ère Heisei, qui en plus de rater la symbolique de Godzilla en échouant à le traiter soit comme un vilain, soit comme un gentil, soit comme un anti-héro pour au final le traiter alternativement comme un protagoniste puis un antagoniste, rate également son design.
Ce point peu paraitre anecdotique, et il est effectivement moins important que les autres. Cependant il implique un certain nombre de ratages, et entraine une répétitivité mécanique des combats. Ces combats se résument tous globalement à de fades combats de lasers. Pour détruire la ville : un laser, pour affaiblir le kaiju adverse : un laser, pour riposter contre Godzilla : un laser, la solution de l'armée contre le monstre : un miroir qui renvoi les lasers, et bien sur le coup de grâce : un laser, l'inverse aurait été étonnant. Bien sur les combats tout comme les scènes de destruction deviennent bien fades et aussi très statiques, le film représentant le mieux ce problème n'est pourtant pas le plus laid en terme d'effet spéciaux (au contraire il s'agit d'une des plus belle réussites de Koichi Kawakita, le responsable des effets spéciaux de cette époque) il s'agit de Godzilla vs Biolante, où les détails du costume de Biolante ne parviennent pas à compenser le fait qu'il s'agisse d'une plante, peu mobile du coup.
On serait donc tenter de reprocher tout cela aux responsables de combats, et aux acteurs interprétant les monstres, et ils ont certainement leur part de responsabilité, cela dit si l'on regarde le costume du Godzilla de l'ère Heisei, on note qu'il a été largement épaissit par rapport à l'ère Showa, en essayant de rendre le monstre plus agressif tout en restant fidèle au design original, on se retrouve avec un costume aux bras terriblement courts, et quand dans Godzilla vs Mothra ou Vs Destroyer, les acteurs se décident enfin à se rentrer dedans, et bien les coups n'ont pas d'impact, les costumes ne le permettent pas.

Avec de telles attaques ont pourrait donc se demander si cette période n'est pas à simplement effacer de nos mémoires. Et dans une certaine mesure je serais d'accord, je n'encourage personne à regarder ne serai-ce qu'un seul film de l'ère Heisei, à moins que vous ne souhaitiez voir l'intégralité de la saga. Cependant je n'irais pas jusqu'à dire que tout est à jeter, bien sur que non, même a sont plus bas la saga continue de parler de son époque (sauf Mechagodzilla 2, faut pas déconner quand même) et y intègre relativement bien ses films, sans oublier non plus de traiter peu, mais tout de même, du nucléaire.

Il était bien entendu impossible de faire des films similaire aux Godzilla de l'ère Showa dans les années 90, le Japon était alors un pays en pleine reconstruction et les Godzilla exprimait pleinement cette idée. En 1984-1990 le Japon était le miracle économique de son époque, Tokyo s'est doté de grattes-ciels par exemple (ce qui explique la nécessité de changer de design) et c'est en 1991, l'année de sortie de Godzilla Vs King Ghidorah que le siège du gouvernement de Tokyo, building emblématique et pendant un temps le plus haut de la ville fut inauguré. C'est d'ailleurs devant que le combat final aura lieu, choix pertinent puisque les antagonistes de ce film ne sont autre que des Hommes du futur venu mettre un terme à l’hégémonie économique du Japon afin d'éviter la création d'un vaste État-Monde nippon, le film outre un nationalisme convenu tente de dissuader le pays de faire preuve de trop d'arrogance, cela tombe bien, c'est précisément en 1990-1991 que la bulle spéculative japonaise explosera provoquant ainsi une crise sans précédent et mettant un terme à ce miracle économique.
On note ainsi une rupture de ton entre les premiers films de l'ère Heisei, où le Japon tenait tête aux Russes et aux États-uniens sur la scène diplomatique refusant ainsi le lancement de missiles nucléaires près de leurs côtes, où sa science était le sujet des convoitises de tous les agents étrangers dans Godzilla vs Biolante, et où l'on ira même jusqu'à envoyer une délégation dans la passé pour mettre un terme sa son monopole dans Godzilla vs King Ghidorah. Après la brutale perte de vitesse de son économie, le sentiment de défiance du Japon vis à vis du reste du monde présent dans ces films disparait au profits de thématiques plus apaisées, et plus pertinentes, on parlera ainsi ENFIN d'écologie dans Godzilla vs Mothra (encore une fois Mothra viens remettre de l'ordre !) et on renouera avec des thématiques plus caractéristiques de la saga dans Godzilla vs Spacegodzilla et Godzilla vs Destroyer (mais pas dans Mechagodzilla 2!).

Car bien sur malgré tous le mal que j'en dit il était difficile pour la saga d'ignorer complétement la question du nucléaire, on note ainsi que le Godzilla de 1984 se nourri dans les stocks d'uranium présents sur le territoire japonais, et que ce dernier est réveillé, alors qu'il était à priori vaincu, par les retombées radioactives d'un tir de missile dans l'atmosphère. De même, dans Godzilla vs Biolante, ont peut facilement voir dans Biolante, création d'un scientifique hors de contrôle, une sorte d'analogie du nucléaire et dans Godzilla vs Mothra, les deux kaiju se battant durant tout le film l'un contre l'autre (Mothra contre Battra) s'allient pour mettre fin à la menace de Godzilla jugée par Battra comme encore plus dangereuse pour la Terre que les humains.
C'est cependant dans le dernier film de la saga, Godzilla vs Destroyer que l'on retrouve enfin quelque chose de proche des films originaux, la nature radioactive de Godzilla est enfin avérée, et ce dernier entre ainsi en surchauffe menaçant de réduire Tokyo si ce n'est le monde en ruine (via quelques plans rappelant pas mal Akira d'ailleurs), le "Destroyer" du titre faisant référence à l'Oxygen Destroyer du 1er film, ici visiblement à l'origine du Kaiju contre lequel Godzilla se battras : Destroyer, logique. C'est dans ce film que Godzilla présente enfin une véritable menace, non plus simplement pour Tokyo mais pour le monde, et c'est aussi dans ce film que la solution n'est pas évidente, le plan initial de l'armé à savoir, utiliser de nouveau l'oxigen destroyer se révèle désastreux et ce sera une méthode plus douce, consistant à simplement refroidir le monstre en fusion qui sera triomphante ... Dommage cela dit que malgré la mort programmée de Godzilla (en raison de la cession des droits à Sony pour un film US) qui aurait pu apporter un peu de diversité dans les fins des films de l'ère Heisei le film se conclut sur une bête disparition des radiations provoquées par Godzilla, et sur, vous l'avez deviné ? Un plan final sur Minila, certes devenu grand et plus proche physiquement de son père, mais toujours hors de propos. On est bien loin de la magistrale fin de Mechagodzilla contre attaque, film final de l'ère Showa.

Malgré quelques points intéressants rendant cette époque regardable pour une personne un brin motivé, car la période en plus de posséder des effets spéciaux corrects ne se déconnecte pas totalement de son contexte politique, ni des questions nucléaires ... On est loin tout de même de la justesse de l'ère Showa, et ce n'est pas la présence récurrente de Megumi Odaka, véritable rayon de soleil en ces temps tourmentés, qui viendra rattraper les films ... Au contraire, son personnage est au centre de sous-intrigues mystico-télépathes absolument à bannir, ou à traiter avec plus de finesse, certainement pas comme un Deus Ex Machina utile pour faire disparaitre Godzilla quand il est temps de finir, est-il également utile de préciser que son personnage est insupportable dans Mechagodzilla 2 ? Qui vous l'avez compris est jusqu'alors le pire film, et de loin de la saga, sans même utiliser de stock foutage (mais pas de panique il sera détrôné, l'avantage d'être 2 mois à la bourre c'est que j'ai pu finir tous les films).
On passera également sur les connotation un poil nationalistes des premiers films, ainsi que sur l'absence totale de quoi que ce soit d'anti-militariste, pour la nationalisme je ne pense pas qu'il s'agisse là d'une volonté du réalisateur puis scénariste phare de cette période Kazuki Ômori (avec Takao Okawara) mais il s'agit tout de même d'un aspect difficile à ignorer, pour la perte de l'anti-militarisme, il faudra s'y faire puisque cette thématique semble plus chère à Ishiro Honda qu'associée à Godzilla.

Mais outre ces qualités bien maigres, la série ne parvient pas à définir un peu clairement le rôle de Godzilla, tantôt gentil, tantôt méchant, le tout dans une même scène, un même film, provoquant ainsi des problèmes de scénario aberrant quand il s'agit de terminer les films. Le tout plombé par des combats ultra-mous, à base uniquement de lasers fades, n'ayant aucuns impact à l'écran.

Il vaut mieux oublier cette période, si certains fans y trouverons leurs bonheurs et que certains perfectionnistes se résoudrons à y passer, elle ne mérite clairement pas d'y investir tant de temps ... Malheureusement il s'agit de la seule période intégralement éditée en France, dans des coffrets un peu étranges puisqu'ils combinent parfois films en Vostfr et Version Anglaise, ne laissant pas le choix de l'un ou l'autre, l'idée de ne diffuser un film que dans son doublage anglais (avec sous titre français) me parait un brin absurde, et même dans son édition, l'ère Heisei continue d'être ratée.

Fort heureusement, en 1995, chez la concurrence est sorti une trilogie autour du Kaiju Gamera, dont on aura certainement l'occasion de reparler plus tard, mais qui, alors que Gamera était la version inférieur de Godzilla durant l'ère Showa, parvient à surpasser en tout point certains des meilleurs films de cette période, il s'agit là d'un visionnage nécessaire, ne serai-ce que pour oublier les heures perdues dans les films de la Toho de cette période !

Je suis navré pour l'aspect très brouillon de cette chronique, ça fait un bout de temps que j'ai vu ces films, qui ne m'ont pas spécialement marqués, j'essaierais d'en faire une version plus propre plus tard, mais il fallait que je m'y mette, ne serai-ce que pour me remémorer les films. L'ère Millennium ainsi que le film de Anno viendrons dans peu de temps j'espère Very Happy !
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